Le peintre,

Le coucher de soleil se meurt à l’horizon
Ses rayons d’or dans le crépuscule marin
Se noient dans les eaux, le ciel d’un bleu profond
Prend les couleurs du soir pour renaître au matin.
L’astre de nuit a déposé son délicat
Voile d’argent sur les bateaux voguant en mer
Et admire ses reflets, on entend là-bas
Sur terre, l’écho d’un chant au son doux-amer.
Au loin, sur l’océan, se mire un champ d’étoiles
La nature est belle, ce fabuleux décor
A permis au peintre de terminer sa toile
Et au petit jour, sans aucun bruit, il s’endort.

Le tableau,

Le chevalet planté dans le sol, l’horizon
Pour décor, un cadre en bois, sur le châssis
Toile fixée, j’ai choisi le printemps pour saison
J’entrevois la sombre forêt et son lacis.

Devant moi le support, fier et arrogant
Qui me défie par son immaculé blancheur
Avant de l’affronter, je prépare l’onguent
De couleurs, le toisant, d’un regard accrocheur.

Tel un sorcier, je tourne autour du support
J’hume les senteurs, jette dans l’air de la terre
Pour voir le sens du vent, à tribord, à bâbord
Jaugeant l’angle d’attaque, l’assaut pigmentaire.

J’ai opté comme arme le couteau, tout un art
Maîtrise de la technique, gestes précis
Les touches vigoureuses, sans être couard
Le combat est risqué, l’objectif indécis.

Mon premier coup lui arrive en pleine face
Il titube sur son trépied, un jet de bleu
Sur son front lactescent, la scène prend place
Le gaillard est solide et fougueux, sacrebleu.

Une droite, du jaune, du rouge, du vert
Un gauche de côté, dernier uppercut
Il rend coup pour coup et j’esquive son revers
Le tableau est peint, j’ai enfin atteint mon but !

Les Tournesols,

Peindre sans cesse, sans pouvoir s'arrêter
Machinale frénésie de coups de couteaux
Sur le blanc du tableau, à devoir guetter
L'éveil matinal, de noctambules pinceaux.

J'ai besoin de transcender mon brutal génie
Chimie de la drogue, alchimie du talent
En un cocktail détonant de schizophrénie
Je crains l'effet d'un caractère ambivalent.

Un jour d'été, soleil de plomb, un parasol
J'ai posé nonchalant palette de couleurs
Sur la table, soudain un pot de tournesols
Apparaît à la clarté d'un rai cajoleur.

Fiat Lux ! Tout est clair, net, précis, en un éclair
Je sors ma lame de la poche, sur la toile
Je fais le ciel, un effet caniculaire
La grandeur de l'astre, la chaleur de l'étoile.

En dessous, la plage, les rochers, l'océan
Les vagues sereines, apaisantes, un albatros
Dans l'azur du décor, au vol bienséant
Venant tout là-bas des îles Galapagos.

Il manque le principal, l'objet du sujet
En premier plan, ces sacrés tournesols
Je peins le pot rouge, les fleurs en quelques jets
Me coupant l'oreille qui tombe sur le sol.

L’art,

Qu’il m’est doux, de vous aimer, vous amis artistes
Ecrivains, peintres et sculpteurs, idéalistes
De tout bord, de tout genre, académistes
Dans les thèmes ou esprits rebelles, belle est ma liste !

Par vos mots, j’ai découvert, de beaux univers
A travers vos récits, fiction, aventure
Vos textes ont enflammé les enfants de la terre
Tous, aficionados de littérature !

Et vous tailleurs de pierre, vous donnez vie
Aux plus beaux marbres, vous savez magnifier
Par vos statues, le corps des femmes, j’ai envie
De vous dire bravo, j’en suis stupéfié !

Il vous suffit de toiles et pinceaux, chevalets
Pour sublimer un regard, louer la nature
Vos tableaux sont les portraits de l’âme, un ballet
De couleurs, des œuvres, au cœur de la culture !

Impressions Provençales,

Clarté du port d’Antibes d’Eugène Boudin
Un ciel franc, le blanc pur des vieux remparts
Qui se reflète dans les eaux et puis soudain
Au fond les montagnes qui attirent le regard.

Sombre massif des Maures d’Henri-Edmond Cross
De ces éclats de couleur de nature sauvage
On ressent la douceur du décor non féroce
Des pointillés subtils, pour un beau paysage.

Montagne Sainte Victoire de Paul Cézanne
Les ombres jetées du monument minéral
Ont la beauté bleutée des senteurs paysanne
Et sur les pentes, on entend le chant du Mistral.

Les belles lavandières de Paul Gauguin
Celles qui portent le costume provençal
Un dur labeur, au fil de l’eau, pour seul gain
Le plaisir entre elles de battre le linge sale.

La corniche azur de Claude Monet
Du chemin rocailleux, aux teintes de la mer
On perçoit l’âme du peintre passionné
C’est un bonheur pour le promeneur solitaire.

Les rochers de l’Estaque d’Auguste Renoir
De la vue chaotique et au choc de calcaire
S’entremêle à cela, le vert du promontoire
Qui va embrasser le soleil dans les eaux claires.

Avignon, palais des Papes de Paul Signac
Par la lueur du couchant, aux touches primaires
Le pont se noie dans les vapeurs d’un armagnac
Et le fleuve oisif prend des tons outre-mer.

Tortueux oliviers de Vincent Van Gogh
Leurs branches millénaires se plient sous le vent
L’homme à l’oreille coupée, dans son catalogue
De tableaux, a fait preuve d’un art innovant.

Impressions marines,

Impression soleil levant, Claude Monet
Ce tableau me trouble, je suis passionné
Le rouge est un phare qui éclaire l’océan
Des ombres noires, navales sortent du néant.

Le radeau de la méduse de Géricault
Le décor est là planté ! Pas de quiproquos
La mort fait son œuvre parmi les passagers
On ressent l’abandon, l’espoir des naufragés.

Plage, Boulogne-sur-mer, Edouard Manet
Je vois un vieux pastel, un peu suranné
Des enfants sages accompagnés de leurs parents
Du sable, la mer, au loin des bateaux marchands.

Falaise d’Etretat, de Gustave Courbet
Le ciel est floconneux, prêt à se courber
Devant la beauté calcaire du géant blanc
Qui se dresse tel un vaisseau montrant ses flancs.

Bataille de Trafalgar, William Turner
Je sens le choc des bateaux, des duels d’honneur
J’entends le bruit des corps à corps et des canons
L’âpreté des combats, sur les mâts d’artimon.

Paul Gauguin,

Heureux qui comme Gauguin, fit de beaux tableaux
En marginal, tu as fui vers la Polynésie
Vécu parmi les habitants de Tahiti
Et peint le charme des nymphes, aux corps si beaux.
Tu voulais vivre, d’extase, de calme et d’art
T’échapper de la folie, d’être libre enfin
Voir les îles Marquises et sentir leurs parfums
Tu as fait des toiles à la gloire des beaux-arts.
Portraits de couples de femmes, quelquefois nues
Sur leurs visages, on ressent la mélancolie
La douceur du temps qui passe, ce paradis
Perdu, belles Tahitiennes, aux seins charnus.

Saturne de Goya,

J’ai un tel sentiment d’effroi à regarder
Ce tableau de Goya et de voir Saturne
Dévorer son enfant, je me sens poignarder
Par l’horreur absolue, de ce décor nocturne.
Ce géant nu, maigre, replié sur lui-même
Il a l’air de souffrir, visage déformé
Sa bouche béante, la pâleur, la peur blême
De son geste, Pourquoi Cronos, es-tu affamé ?
Sa propre terreur le rend fou, malheur total
Il mange la chair de sa chair, perd la raison
A tenir le corps de son fils, crime fatal
Il ne peut s’affranchir de ce mortel poison !
Profonde désespérance de l’être humain
Le miroir de leurs pulsions dévastatrices
Actes sanguinaires, de sombres lendemains
Pour l’humanité, en proie d’ardeurs prédatrices !

Courbet, le Désespéré !

Je suis pris de vertige, subjugué, troublé
Par la forte intensité de cet autoportrait
De cette œuvre de jeunesse, du peintre Courbet
Fasciné par l’éclat, la beauté de ses traits.
Visage angoissé, de grands yeux au regard noir
Cet effet de clair-obscur accentue l’aspect
Ce sentiment, profond gouffre de désespoir
Comment l’interpréter, je reste circonspect !
M’interroge sur ma propre vie, mon destin
Je sens sur moi, ces bras repliés et ces mains
Qui m’enserrent, j’ai envie de fuir, par instinct
Je reste là, ému, par son côté humain !

Le Caravage,

Un clair-obscur, un jeu d’ombre et de lumière
Envahit les œuvres de ce peintre maudit
Prompt à la bagarre et aux coups de rapière
En vrai génie, sa vie fut une tragédie !
Peignant, il juxtapose les couleurs saturées
Evitant les tons purs, brillants, trop lumineux
Alliant teintes claires et d’autres plus foncées
Un tableau, Méduse ! Un sujet audacieux !
Ne regardez pas cette toile, pétrifié
Vous en serez ! Transformé en tas de pierre
Pour cheveux, des serpents, tête décapitée
Un saisissant ouvrage entre ombre et lumière !

Monet, Nymphéas,

Un jardin de fleurs, un bassin de nénuphars
Attirent mon regard, au centre de l’étang
Je sens Monet ! Tes touches de couleur, ce fard
Bleuté, qui emplit mon cœur, d’un charme d’antan !
Contemplant les reflets à la surface de l’eau
Prêt à m’égarer par la beauté des nymphéas
Je plonge dans ces tableaux, comme dans les flots
D’un paysage lumineux, aux doux éclats.
Tout me pousse à la songerie, la rêverie
J’entends le calme et le silence estival
Le temps s’écoule, serein je suis, galerie
De sensations, pour ce spectacle floral !

Pierre de cœur,

Belle statue, j’ai trouvé la pierre de cœur
Tu es ma muse, mon modèle et égérie
Je suis un sculpteur de mots, j’ai par bonheur
Gravé sur ta peau de marbre, de beaux écrits.
Sous un ciel athénien, le Parthénon
Toise de sa grandeur millénaire, la mer
Qui rend hommage, à ta beauté, et ton prénom
Est chanté avec joie, dans les textes d’Homère.
Athéna !, tu es la déesse de la guerre
De la sagesse, des artisans, et des arts
Aide l’aède que je suis, voici ma prière
Offres-moi, le don, pour la gloire des beaux-arts.

Impressions d’arts,

Bâtisseurs ! Je loue vos superbes bâtiments
Châteaux et cathédrales, aqueducs et ponts
Toujours plus beau et plus haut, vers le firmament
Vous maçons ! Vous méritez votre Panthéon !

Sculpteurs ! Vous donnez enfin vie au minéral
Tailler dans le marbre, le corps nu de la femme
Je peux sentir au toucher, les courbes idéales
Vous offrez aux statues, la beauté et une âme !

Peintres ! Vous sublimez par vos pinceaux, la vie
Un arc-en-ciel de couleurs et de tons purs
J’admire les pigments de vos tableaux, lavis
Et aquarelles, j’aime regarder vos épures.

Musiciens ! Entendre de vos instruments
Qui me transportent au paradis de doux sons
Accompagnés par les voix et de chants charmants
J’ai plaisir à écouter de douces chansons.

Écrit par CRO-MAGNON
L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit ! Aristote. J'affirme que mes doutes me font réfléchir ! Olivier WERBROUCK
Catégorie : poèmes d'amitié
Publié le 06/10/2018
Ce texte est la propriété de son auteur. Vous n'avez en aucun cas le droit de le reproduire ou de l'utiliser de quelque manière que ce soit sans un accord écrit préalable de son auteur.
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Commentaires
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Posté le 06/10/2018 à 07:23:47
Vibrant et vivifiant hommage à tous ces artistes qui me séduit d'autant plus que je suis toujours beat d'admiration devant un beau tableau , j'aurai tant aimé avoir quelque talent pour peindre
Errant
Posté le 06/10/2018 à 07:57:34
Je reviens plus tard
croma la pas le temps et je ne veux pas lire pour lire je veux m'émerveiller en te lisant ..à plus
MARIE L.
Posté le 06/10/2018 à 11:58:58
densité sublime de ce poème fleuve aux accents des peintres inspirés merci olivier:)
romantique
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21/10 08:02grêle
Et voici un message pour Titi89 : votre pseudo a été changé, pour vous connecter il faut désormais taper en login votre nouveau pseudo.
21/10 08:00grêle
Bonjour à tous, si quelqu'un veut tenter avec moi un duo acrostiche-abécédaire (Chaque lettre de l'alphabet en début de vers), ce serait avec grand plaisir...
21/10 07:04lefebvre
Bonjour les poètes, je vous souhaite un beau dimanche
20/10 08:18roserose
bonsoir à tous et belle nuit
18/10 11:20Yuba
Bonjour et agréable journée à toutes et à tous !
16/10 12:46grêle
Bonjour Marine, Assia et les autres poètes dont la plume fait ressortir les trésors de l'âme :)
16/10 09:50Yuba
GRAND bonjour à toi Marinette tu es toute excusée..pren ds soin de toi ...bonjour tout le Monde :)
15/10 04:40marinette
bonsoir mes amis je suis désolée de ne pouvoir commenter, ma vie est tumultueuse et immobile c'est terrible, je vous embrasse
15/10 09:59Yuba
Bonjour et bon début de semaine les ami(E)s :)
15/10 07:58lefebvre
Je vous souhaite une belle journée
14/10 11:38suane
Merci Daniel, Yuba et Grêlette et bonsoir à tous. Le temps d'un éternel instant, que votre nuit soit douce...
14/10 10:51suane
Toujours aussi cro-mignon !? Lol. J'en doute pas...Coucou Cro !
14/10 10:50jacou
Bonsoir Mister Cro, comme tu peux le constater : oui !...
14/10 10:31CRO-MAGNON
Bsr Bonnie et Clyde de la poésie, retour au bercail !
14/10 10:50Yuba
Bonjour Ahmed ,bonjour Daniel et bonjour les poètes ...aujourd'hu i fête des choses , c'est le ciel qui arrose ;)
14/10 09:41barateur
Bonjour et bon dimanche à toutes et à tous...
14/10 09:37lefebvre
Bonjour les poètes, je vous souhaite un beau dimanche
13/10 10:23Yuba
Bonjour la compagnie ...ravie de votre retour Jacou et Suane !
13/10 08:15grêle
Bonjour à tous et à Suane et Jacou, le duo poétique qui a manqué au site :)
13/10 07:32lefebvre
Suane, Jacou quelle belle surprise ce matin, très heureux de votre présence enfin ! je vous souhaite une belle journée avec mon amitié

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