Vos yeux, ô bêtes féroces aux formes humaines
Qui contemplez les terres tantôt fertiles tantôt stériles,
Sont noyés dans le trouble de la jouissance éphémère
Et vous glorifiez le doute au lieu de la certitude.

Car par ce filtre sensible où la lumière passe
Toujours comme une inspiration, l'évidence,
Reste à l’arrêt devant votre face
Et jamais elle ne frôle votre intelligence.

Vous ne voyez que la forme déformée dans les eaux troublées
Et jamais son éclat véritable dans la lumière intense ;

Car vous prenez pour œil celui de l’illusion
Et vous condamnez, sans l’avoir apprivoisé
Celui de la belle et intransigeante Vérité.

Prenez garde de ne point céder aux désirs vicieux
Qui se cache, comme les Furies
Derrière le doux parfum du plaisir
Et qui vous saisit, telles les sirènes
Pour vous emporter au fin fond des abîmes.

De ces abîmes naissent les maux
Qui, la légèreté de l’âme, l'alourdit,
Et qui la condamne à devenir qu’un fardeau
Passant de vie en vie.

Il n’y a que le châtiment qui puisse laver l’impureté.
Et ainsi, je vous dit, mes frères,
supportez avec humilité et modestie les douleurs de la vie.
Car en vérité ceux-ci vous lavent des anciennes erreurs commissent.

Sachez qu’une âme pure s’envole comme le feu vers le ciel,
Et que ces souillures la freinent comme la lourde cendre.

Si vous convoitez l’éphémère, alors subissez
Le mal qui reste après le doux plaisir déjà envolé ;
Mais si vous convoitez merveilleusement ce qui est éternel,
Alors jouissez du bien qui s’est attaché,
Comme les ails sur le dos du Pur, à votre âme.

Nettoyez donc ces yeux
qui toujours ouverts sont en vérité toujours fermées,
Car même l’ombre reste plus éclairée que vos idées.

Embrassez le sacré et consacrez-vous à la piété.
Ainsi, la légèreté de l’âme
Vous fera sentir le chemin de l’Olympe.

Contemplez le ciel,
Les trônes des Dieux qui se dressent dans l’éternel éther
Sous l’apparence des petites lumières.

Vous y verrez la subtilité de l’Éternel
Et de sa bonté que vous avez héritée.

Ne tenez que les œuvres sincères comme outils
Pour œuvrer la sincérité.

Dans le brouillard de la réalité regardez que la vérité
Et fuyez l’erreur.

Ne regardez que ce que vous aimez de vos frères
Et jamais ce que vous détestez ;
Ainsi vous l’aimerez même dans les temps difficiles,
Et il vous aimera même dans les temps encore plus durs.

Soyez bon fils, bon frère, bon mari et bon père,
Et habillez-vous de vertus.

Honorez ceux qui vous ont montré la voie,
Ceux qui l’ont entamé,
Ceux qui l’ont révélé
Et Celui qui la donné.

Amen.

Écrit par Merci
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Catégorie : poèmes divers
Publié le 11/07/2017
Ce texte est la propriété de son auteur. Vous n'avez en aucun cas le droit de le reproduire ou de l'utiliser de quelque manière que ce soit sans un accord écrit préalable de son auteur.
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Commentaires
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Posté le 13/07/2017 à 10:57:10
Un éloge appuyé à la vie ascétique avec quelques accents moralisants que je ne partage pas globalement mais l'écriture ne manque pas de charme!
banniange
Posté le 13/07/2017 à 23:02:43
Bonjour banniange, je serais curieux de connaitre votre avis plus profondément. Pouvez-vous m'éclairer quant à votre non-adhésion de mes vers? Peut-être que sur certains points, je me suis mal exprimé et qu'il faille que j'exprime d'une autre manière. Sachez, que de base, comme son titre l'indique, ces vers sont inspirés des Vers d'Or de Pythagore qui, par son adjectif d'orée, montre bien qu'il y a une importance philosophique (à noter que le vocable "philosophie", c'est-à-dire "ami de la sagesse" a été exprimée la première fois par Pythagore, - et que Platon, et peut-être même Socrate, sont pythagoriciens -. Donc, à vrai dire, je ne fais que transcrire, à travers ce que j'ai compris et retenu - des 72 vers et ses commentaires -, ma pensée concernant l'école pythagoricienne (vu que le début de cette école était justement de faire attention à ces règles, c'est-à-dire ces vers qui exprime toute la doctrine pythagoricienne). C'est pour cela, avant de se précipité à refuser "moralement" et "sentimentalement" ces vers, il serait plus judicieux d'en demander l'explication. Ainsi, je me permets, donc, de vous demander, avec amitié et respect, où vous n’adhère pas pour, justement, vous exprimer le sens profond afin de mieux percevoir, au-delà de l'apparence moraliste et sentimentaliste, l'esprit philosophique et, comme vous le dite, ascétique, des pythagoriciens.
Merci
Posté le 13/07/2017 à 23:11:08
Ainsi expliqué et même explicité, ce beau poème n'en acquiert que plus d'éclat. Mon Présocratique préféré est Héraclite, mais je ne dédaigne nullement Empédocle ni Pythagore et son Nombre d'Or.
jacou
Posté le 14/07/2017 à 00:16:47
Merci beaucoup Jacou. Je vous avoue que j'ai mis vraiment du cœur à l'écrire. Ce n'est pas seulement un poème, mais aussi une partie de moi, car je m’efforce à être droit d'esprit. Ces vers sont, en sommes, ce à quoi je m'attache pour l'instant et je l’espère pour l'éternité. Sinon, pour ce qui est des écoles présocratiques, tous sont très intéressants. Le terme "présocratique" est très moderne et par conséquent manque de vérité; car en aucun cas la philosophie présocratique et postsocratique sont différente, bien au contraire, sont un continuum (il serait plus judicieux de dire "prémoderne" et "moderne" car la déchirure philosophique est bel et bien là). C'est ainsi que je me permets de dire que les philosophes que vous avez cités sont à mes yeux tout aussi importants pour la compréhension de cette sagesse hellénique que Pythagore. Platon lui-même, ce même Platon qui est considéré comme le père de la philosophie (à noter que Socrate n'a jamais rien écrit, et donc la philosophie socratique a été léguée par Platon et par sa propre pensée et non celle de Socrate) est également un sortant de l'école pythagoricienne. Il le dit lui-même dans ces textes que cette science des nombres pythagoricienne lui a changé sa manière de voir, et que ces "secrets" enseignés dans cette école lui a fait ouvrir les yeux. L'importance que Platon accordait à cette géométrie divine (qui est celle qui a pu transcrire la musique et a pu contempler l'espace comme étant une œuvre divine) est primordiale. Ce qui mène à dire que Platon n'est pas un nouveau penseur et n'a rien découvert du tout; il est juste celui qui a écrit les pensées déjà appliquées. Aristote allât un peu plus loin dans la pensée "matérialiste"(bien qu'on le considère comme le père de la métaphysique, il n'a fait que dégradé la métaphysique à n'être qu'une conception supra-matérialiste et non plus principielle et non-duel, comme l'on fait les pythagoriciens et bien avant eux les Égyptiens). À vrai dire, la plus pure métaphysique s'est perdue à travers les âges; mais nous pouvons tout de même la rencontrer chez les hindous avec "l'advaita-vedanta" qui est "la doctrine de la non-dualité" où la métaphysique pure est justement cette science qui a comme objet "l'universel", "l'unique" et qui est donc non-duel. Bien à vous, Merci.
Merci
Posté le 14/07/2017 à 07:12:11
Ces présocratiques sont vraiment l'aurore de la philosophie, et nous ont laissé une dette inestimable. Platon fut à leur école. Ils écrivaient souvent en vers, des formules aphoristiques.
J'apprécie chez vous cet ardent souci métaphysique et philosophique, fruit d'une recherche que je devine longue et obstinée.
jacou
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20/04 08:54yubanca
Bonjour Daniel , le vent Chergui t'a entendu, il s'amuse à répandre les senteurs; belle journée le Monde poétique !
20/04 07:24lefebvre
Je souhaite à toutes et à tous une belle journée poétique, pleine de senteurs printanières.
19/04 09:14yubanca
Bonjour à tous les poètes et poétesses : c'est le printemps à vos fenêtres et il ne s'exprime qu'à travers vous !
18/04 09:29Zigzag
*bien peu. Demain main donc
18/04 09:29Zigzag
Bonsoir à tous, je promets cette fois de commenter, car c'est vrzi, je commente vien pau!
18/04 04:23Babel
grele
18/04 09:21yubanca
Bonjour les poétesses et poètes ; rimez avec l'essentiel , de votre coeur ou de votre ciel !
17/04 10:04jacou
Bonjour poètes qui regardez briller l'eau de pluie de Lune sous forme de rosée, que vos vers s'élèvent !
17/04 08:27yubanca
Bonjour Daniel et merci pour cette image colorée en leçon de patience...bo njour aux poètes que réveille le cri de naisance du jour..
17/04 06:49lefebvre
Bonjour les poètes et amis(es) de la nature, le jardin est couvert de tulipes et autres bordures fleuries multicolores. Le plus joli chaque jour est d'assister à la naissance des autres fleurs.
16/04 02:23yubanca
Bonjour Marinette :)
16/04 01:34marinette
bonjour mes amis
16/04 09:23jacou
Bonjour Yubanca et Daniel et tous. Que mille fleurs s'épanouissent, que cent mille poèmes fleurissent les prés d'avril ici même, et mai sourira !
16/04 08:23yubanca
Bonjour Daniel : y a t-il déjà des fleurs au jardin ? Bonjour les poètes et bonne semaine dans l'art de la poésie et de la vie !
16/04 07:10lefebvre
Je souhaite pour tous une belle semaine provocatrice de poésies fleuries.
15/04 11:42yubanca
Voilà , il faut essayer plus tard ...
15/04 11:40Estaile
Merci Assia , j 'essaierai plus tard
15/04 11:38yubanca
Ok . Estaile , je vais vérifier ce qu'il en est de mon côté
15/04 11:35Estaile
Impossible pour moi de poster un texte , manque la case envoie fin de texte ??
15/04 11:33Estaile
Bonjour Yubanca, bonjour à tous

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