Les épousailles de mes parents
Mes parents ont planté mes nouvelles racines,
Aux portes des normands, aujourd'hui Picardie.
C'était en février, un dimanche aux matines,
Ma maman ce jour-là décidait de ma vie.
La veille avec papa elle avait décrétée,
De se rendre en mairie pour sceller leur union.
Franchir ce long chemin, marquait sa volonté
De porter dans son ventre un petit trublion.
Allant tout trottinant, démarche hésitante,
Le p'tit frère, deux ans, accroché à ses basques,
Trébuchait sans arrêt aux pierres cahotantes,
Dont la poussière était happée par les bourrasques.
Ma grande sœur Pépée du haut de ses trois ans,
Caracolait devant, heureuse de ce jour,
Malgré le froid d'hiver et le givre piquant,
Riait des pommettes aux deux pommes d'amour.
Elle était si jolie, telles sont les poupées,
Avec son teint hâlé et ses beaux cheveux d'or.
Maman qui gémissait à chacune enjambée,
La couvait du regard pareil à un trésor.
La route est empierrée, creusée de nids-de-poules,
Cheminant en zigzag dans ces bois décharnés.
Les ornières tracées par les pluies qui s'écoulent,
Ravinaient ce chemin, lézardant la chaussée.
Il fallait pour aller dans la petite mairie,
Gravir la colline séparant nos deux lieux.
C'est pourquoi en ce jour où le froid qui sévit,
Mes parents s'y pressaient sans passer aux prie-Dieu.
L'église censurée, par les fautes commises,
Excluait son portail aux noces immorales.
La mairie porte ouverte et son maire de mise
Accueillait gentiment cet amour marginal.
Le marteau du clocher carillonnait dix heures.
Peut-être le seigneur, pour se faire pardonner
Du Pape de Rome refusant sa demeure,
Sacrait ce mariage par cloche interposée.
Ma mère croyante se signa en cachette,
Remerciant la cloche d'avoir ainsi tinté,
L'heure de son union avec son amourette,
C'est-à-dire papa, pour mon éternité.
Quant à moi que faire ? Au sein de ma Maman
Ballotté en tous sens, je n'ai qu'un seul désir,
Attendre dimanche que ses bras accueillants,
M'enlacent tendrement afin de me chérir.
Merci, merci d'abord, d'avoir tant attendu.
N'étant pas prénommé vous me donnez un nom,
Que je vais partager et c'est bien entendu,
Avec cette fratrie en quête de renom.
Maintenant baptisé, mon prénom je le porte
Derrière mon grand nom que me prête mon père.
Au bout de mon chemin et cela me conforte,
De le perpétuer comme ils firent naguère.
André le 19 Août 2006
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Écrit par mameralice
J'ai tellement pris à la vie, je ne peux que lui rendre.
Catégorie : Amour
Publié le 09/05/2009
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| Tres belle plume que tu nous proposes là, j'ai beaucoup aimé le tintement des clochés, qui résonnent dans le coeur, comme résonne ce passé. Texte magnifique Amitiés, Grégor |
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Noctendiurne ![]() |
| une présence réelle debordante d'amour ! sublime!! |
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MARIE L. ![]() |
| à noctendiurne Sincères remerciements pour ce commentaire élogieux de mon passé antérieur et postérieur à ma naissance avec mon imagination quelque peu fertile. Amicalement André |
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mameralice ![]() |
| Chère "Marie L" Je pense que mes parents qui allaient sceller leur union, avaient beaucoup de raisons pour s'aimer. Merci pour le sublime...! Très amicalement André |
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mameralice ![]() |
| Quelle jolie fête que ces épousailles . Mes favoris sont pleins de vos écrits encore merci. Votre inconditionnelle lectrice. Mado | |
Mado ![]() |
| Chère Mado Jolie fête en ce samedi je pense, ma soeur et mon frère et moi le dimanche! Merci de votre commentaire qui vraiment m'enchante. Au plaisir et de vous lire Amicalement André |
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mameralice ![]() |
| Avec beaucoup de retard je découvre ce si beau et émouvant poème qui me rappelle la chanson de Brassens, dites moi si l'églse leur a vraiment refusé la bénédiction ou si ils s'en moquaient merci |
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flipote ![]() |
| Chère flipote Comme dit l'adage "il n'est jamais trop tard", surtout pour venir complimenter ce poème que j'ai imaginé "par impression, disons, gestuelles", vu la position un tantinet inconfortable qui m'était octroyée ce "samedi, là"...! Très amicalement André |
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mameralice ![]() |
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