Parc aux arbres chenus que j'aime à parcourir
Ville où le flot des rues cascade vers la Seine
Banlieue dont on ne sait que pleurer ou en rire
Allées où s'écoutent tous ces mots que j'assène
Je suis accaparé par ces démons d'immeubles
Et tout ce macadam répandu sous les ruelles
Je croise ici et là des magasins de meubles
J'en sais des histoires aux héros si rebelles
Mais ce qui stupéfie ma conscience diffuse
C'est l'art de ces jolies filles qui se préparent
Aux affrontements nus contre un réel qui fuse
De ses scintillations surgies de nulle part
Scintillements d'objets dans d'obscures vitrines
Tant l'éclat matériel efface un monde opaque
Sacs, bijoux, ces choses qui vont aux Catherine
Aussi bien qu'aux Fatou, Djamila, jusqu'aux Pâques
Car les saisons du cœur modifient l'attirail
Toute couleur est bonne à prendre à bras-le-corps
Mais j'en sais plus d'une dont l'âme se tiraille
Entre un esprit retors et le cœur en accord
Pourquoi charmer ce corps dont meurt l'adolescente
Qui par secousse accouche enfin d'être si femme ?
Paris la ville vierge attend cette descente
Des neuves princesses que tant d'hommes diffament
La jalousie perce au travers des vieux stores
Que, vieille Parisienne, Irma ferme à tout rompre
Elle ne veut pas de ce règne neuf qu'instaure
La femme noire, et son Tanguy reste à corrompre
Dans le duel silencieux dont ce béton ruisselle
L'âme charmée est jeu d'un jeune homme qui s'offre
L'escrime inversée ne manque pas de bon sel
Cet adolescent nu va jaillir de son coffre
Qui sera la mignonne élue des danses fortes
De la rave à lasers dans le bois de Boulogne ?
Un soupçon d'alcool et l'homme se réconforte
Mais viendront bientôt les séjours en sa Sologne
Irma baisse les bras devant les longues plaines
Ses plaintes sont passées, un jeune couple effleure
Des cheveux métissés, et leur joie est tant pleine
Que grand-maman étend son bras offrant des fleurs
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| j 'aime énormément ton poème !!je te félicite chaleureusement!!! | |
Aria ![]() |
| On n'en pleure ni n'en rit, on arrive enfin à l'admirer comme on le ferait pour la parisienne jalouse. | |
Zigzag ![]() |
| Le poème est magistral ! Dans son envie de faire cotoyer des mondes qui ne se connaissent ni ne se reconnaissent ...la ville par eux est une mozaique qui avance sans se soucier des souhaits des uns ou des apparences des autres ...les couleurs individuelles occupées dans la recherche des repères ; ce qui est acte tout à fait légitime, inhérent à chaque génération ou à chaque culture...merci à toi Georges pour ce regard qui scrute admirablement la société ! |
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Yuba ![]() |
| épique et charmant merci amitiés:) | |
romantique ![]() |
| Aria : un grand merci à toi d'avoir apprécié ce poème qui m'a pris. J'aime ton côté chaleureux qui me fait chaud au cœur et m'engage à poursuivre le chemin d'écriture tracé autrefois ! | |
jacou ![]() |
| Zigzag : vous avez sûrement raison, alors suspendons nos jugements et que Paris soit une fête pour tous ! Merci beaucoup. | |
jacou ![]() |
| Assia, je fus parisien et aussi banlieusard avant et après Paris. Le fait est que ces mondes souhaiteraient s'ignorer parfois, mais ils s'interpénètrent tant par le travail et le divertissement, qu'ils forment bien une seule gigantesque agglomération. Merci pour ton sens humaniste que la poésie privilégie ! | |
jacou ![]() |
| Sylvain : le romantisme urbain vit sur le macadam des trottoirs des cités pleins d'étages. Et il y a des fleurs perçant le ciment. Merci et amitiés :) | |
jacou ![]() |
| Je reviens sous ce poème pour vous remercier. Je comprends qu'il ait pu vous «prendre». Je n'ai pas bien compris qui est Irma : une voyante, une parisienne d'adoption, une femme que la jeunesse connut particulièrement douce avec les hommes ? C'est important, car je crois que la clef du poème tient, pour une raison qui m'échappe, à cette Irma citée deux fois. | |
AdA ![]() |
| Merci Ada pour votre interrogation judicieuse : Irma, c'est "Irma la douce" de la chanson... Non, plus sérieusement, c'est un prénom jailli tel quel, car il me fallait un prénom débutant par une voyelle. Sinon, c'est la maman de Tanguy, voilà tout. Juste une mère qui veut protéger son fils, lui qui va se lancer dans l'apprentissage de la vie, et qui, méfiante mais tolérante, acceptera l'union à venir de son Tanguy. En cela, elle est une parisienne ordinaire. |
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jacou ![]() |
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