Prénommée Isabelle,
Mon Dieu, qu'elle était moche,
Poilue sous les aisselles,
Le menton en galoche.
Elle avait sur ses fesses,
Cinq énormes verrues,
Que perçaient mes caresses,
Sur sa chair trop grenue.
J'adorais ses gambettes,
Autant que la morue
Et ses cuisses fluettes,
Portant son dos bossu.
Tenter de l'embrasser,
Était un vrai travail :
De sa bouche édentée,
Fusaient des vapeurs d'ail.
Ses seins ? Sans tralala,
Mon avis, je le donne,
Ils étaient aussi plats,
Que des crêpes bretonnes.
Et ses grandes oreilles,
Encadrant son chignon,
Étaient vraiment pareilles,
A de gros champignons.
Sur son nez, des lunettes,
Cachaient ses petits yeux,
Tels ceux d'une chouette,
Qui louchait, tout chassieux.
La serrant dans mes bras,
Je mentais « tu es belle ».
Elle objectait tout bas :
« Je veux rester pucelle ».
Mais je l'aimais quand même,
Malgré ses pieds tordus,
Sa peau flétrie et blême
Et sa langue fourchue.
Virgile.
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Écrit par virgile
On ne peut être poète sans quelque folie. Démocrite.
Catégorie : Amour
Publié le 22/03/2023
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| "La beauté cachée des laids, des laids Se voit sans délai, délai" comme chantait Gainsbourg. Très amusant poème! |
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Bella de Vnirfou ![]() |
| J'ai écouté sans tarder cette chanson de l'homme à tête de chou que je ne connaissais pas :) Virgile, vous vous hissez magistralement au niveau de "La Vénus Anadyomène" de Rimbaud. Merci pour le partage :) Bravo ! |
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scyles ![]() |
| Extra, l'ode à la laideur, ou, comme le dit Bella, à la beauté caché. Et c'est surtout joliment drôle et impertinent. | |
Pascal Dut ![]() |
| :) Ne dit on pas que l'amour est aveugle... Bravo et merci 🌹🙂 |
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MARIE L. ![]() |


